La Comedie Clandestine
Écrit par Sylvie Havet
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Le 24 Mai 2011, au Théâtre du Pavé, une drôle de troupe a présenté son spectacle :
C’est « LA COMEDIE CLANDESTINE. »
La salle est comble, les enfants jouent, improvisent.
Ils sont là, ils regardent le monde, et le monde les regarde et les applaudit.
Et puis, l’hommage d’une salle debout…
Merci à Véronique, Françoise, David et Pascal pour leur travail, leur patience, leur passion.
Merci au Théâtre du Pavé pour cet accueil si généreux, si chaleureux.
Incroyable, ils sont là sur scène, tout étincelants, sur fond musical, ils évoluent, disparaissent, réapparaissent derrière un jeu de voiles et de lumières colorées.

Tout est ordonné, harmonieux et serein.
Il en émane une force impressionnante, une plénitude, une sagesse.

Plus qu’un spectacle, c’est une belle leçon d’humilité.
Je me sens toute petite, attendrie par ces adorables magiciens qui ont su avec brio mener à bien ce singulier mélange d’authenticité, de tendresse, d’humour et de grandeur.
Bravo ! C’est un succès, le public est bluffé.
Nous venons d’assister à quelque chose de vraiment unique. Merci.
Les gens qui n’étaient pas las.
Au début, tous en cercle, échanges confidentiels,
Mais ils sont là, dit une voix, mais ils sont là.
La lumière fait une aube et s’ouvre à l’essentiel
L’un se dresse et nous toise, on dit qu’il s’appelle Salah.
Plus tard, tête penchée comme un Marlon Brando,
Qui regarde par dessous l’effet d’une bataille,
On sait que Salah sait ce qui sied aux cœurs chauds,
Un geste généreux et le public tressaille.
Théâtre du Pavé dans la chaleur d’été,
On voit des masques blancs, des personnes qui glissent,
Ils viennent des coulisses et les contes défaits
Sont rebâtis soudain par quelques jolies fées.
Elles glissent ici comme si de tout temps
Etait ce temps venu pour elles, ce temps venu comme ailes
Ailes qui portent un enfant qui se tait et qui tait
Les secrètes souffrances qui font la vie pas belle.
Quelques bouts de carton et du papier mâché,
Quelques bouts de chiffon, un sourire qui fraie
Tel un poisson d’argent d’un bond exhaussé
Qui ouvre le cœur des gens et marque d’un coup de craie
Sur le pavé de nos silences un rire discret
Quand le bras retombe à chaque fois relevé
Quand le mot s’en va et dans un lieu égaré
Refait à chaque fois son pas d’humanité.
Et je refais ce pas chaque fois qu’ils sont là
Chaque fois que Salah nous donnera le la
Chaque fois que ce cœur dont on dissout les doutes
Donne sa voix muette et entrouvre des routes.
C’est ainsi que l’on sait, tel un Sisyphe heureux
Renaître de sa peine, en être libéré,
Oser la joie de vivre, et une bière ambrée
Me fait l’ Apollinaire et le goût délicieux.

